Monsieur le Sénateur-Maire, Monsieur Turquois, Mesdames, Messieurs, Mes cher(e)s collègues,

Après plusieurs débats sur ce sujet au sein de cette assemblée, qui, je le rappelle n’est pas un théâtre comme vous avez aimé le souligner M. Turquois en d’autres lieux, mais bien une instance démocratique nécessaire et vitale pour une communauté vivante comme la nôtre, les deux Centres socioculturels vont enfin pouvoir s’appuyer sur une convention d’objectifs qui doit permettre de clarifier la situation. C’est un premier pas mais qui hélas n’est toujours pas une convention pluriannuelle, gage de sérénité pour tous, associations et collectivité, et parce qu’elle laisse encore beaucoup de questions en suspens.

Nous restons inquiets et peut-être même suspicieux car vous continuez à nous mettre à l’écart de la réflexion engagée. Vous avez refusé en février de répondre favorablement à notre demande de rencontre – certes, nous avons eu tous les deux un échange oral et « à batôns rompus » mais qui ne remplace en rien ce qui aurait pu être une réunion de travail. Vous le justifiez parce que vous y avez déjà dépensé beaucoup de temps et d’énergie et qu’une réunion supplémentaire vous coûte. On peut l’entendre mais dans ce cas n’hésitez pas à nous associer aux instances de gouvernance que vous mettez en place, à l’exemple de celles prévues dans ces conventions, où nous ne figurons toujours pas. Plus tard nous avez-vous dit mais pourquoi ?

  • Pourquoi ce refus d’échanges et d’informations autour du travail avec les CSC ? (je rappelle que quand vous nous associez, les choses se passent plutôt bien)

  • Pourquoi cette peur de la transparence sur ce dossier ? Y-a-t-il des choses à cacher ?

Ce choix, vous le comprenez, n’a rien pour nous rassurer car nous ne trouvons pas de réponses claires à nos interrogations et aux inquiétudes qui s’expriment ici et là.

Malgré votre discours apaisant du mois de janvier, les deux centres sont aujourd’hui fragilisés.

Fragilisés d’abord par l’image que leur renvoit la collectivité en ne signant pas une convention pluriannuelle, ce qui semble vouloir dire que l’on doute, voire que l’on remet en cause leur capacité à mener des actions au service de la population, alors que c’est leur « coeur » de métier depuis de très nombreuses années. Par le passé, ces conventions pluriannuelles traduisaient une confiance mutuelle entre les différents acteurs et cela avait été rappelé dans le rapport Catalys.

Fragilisés aussi dans leur relation avec la CAF, l’autre acteur majeur sur ce dossier, qui, et nous vous l’avions rappelé en décembre, s’engage sur des critères bien précis comme la définition du territoire (de proximité) et la participation des habitants à l’élaboration des projets. Dans le texte que vous nous proposez, le territoire d’intervention des deux centres n’est plus précisé (contrairement aux conventions précédentes). Dans le document que vous aviez demandé aux centres et qu’ils vous ont remis en fin d’année dernière, ils rappelaient leur territoire d’intervention et montraient leur volonté de les faire évoluer. Les avez-vous suivis dans cette voie ? Ont-ils pu les faire valider par la CAF auprès de qui ils ont déposé en décembre un Projet social de territoire (justement) ?

Par ailleurs, tout en rappelant l’implication élargie des citoyens dans le paragraphe sur votre projet politique, vous avez aussi des demandes très directives qui laissent peu de champ à une élaboration de projet discuté et en partenariat.

Enfin, malgré ce que vous affirmez, vous fragilisez les centres financièrement, car contrairement aux autres années, vous ne leur garantissez pas leur financement sur la durée. Vous nous avez dit en commission que cette inquiétude n’était pas fondée car nous nous trouvions dans une situation similaire aux autres années en terme de calendrier de versement de la subvention. Certes mais à une grosse différence près, c’est que les centres avaient jusqu’ici une vision sur l’année de leur budget ; là, il leur faut attendre juin pour connaître un éventuel budget supplémentaire. Or, vous savez bien que quand on est responsable de salariés, on doit anticiper et en particulier le pire. On sait aujourd’hui que les deux CSC sont sur le point de procéder à des licenciements. Ce sont donc des pertes de moyens humains pour mener les actions engagées, mais aussi des pertes d’emplois et cela est souvent douloureux.

Nous vous avons régulièrement alertés sur ces risques. Mes propos ne sont pas « des effets de manches » mais bien l’expression d’une forte inquiétude sur l’avenir des CSC. Je vais me répéter, mais a-t-on aujourd’hui les moyens, en terme de vie sociale, de se priver de ces structures qui assurent un travail de cohésion important dans notre ville ? On ne peut pas continuer comme ça à jouer sur l’incertitude. Et je souhaite que très vite cette première convention se transforme en quelque chose de plus pérenne pour répondre aux besoins des habitants et retrouver dans ce domaine plus de stabilité.

Je vous remercie.

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