Monsieur le Sénateur-Maire, Mr le 1er Adjoint, Mesdames, Messieurs,

Inspirée par le Grenelle de l’Environnement en 2008, la taxe locale sur la publicité extérieure nous offre un outil réglementaire pour limiter la pollution visuelle, améliorer le paysage urbain et préserver le cadre de vie.

En effet, pour mémoire, la publicité extérieure a de forts impacts écologiques négatifs :

- impact environnemental d’abord sur nos matières premières en voie de d’extinction avec une durée de vie moyenne, pour une affiche papier, d’environ une semaine.

Certains diront qu’on peut recycler. Mais non, en 2016, l’usage du papier recyclé recule, comme en témoigne la fin récente des achats publics de papier recyclé de notre commune ;

- impact ensuite sur l’augmentation de nos consommations d’énergie, quand nous nous engageons par ailleurs à les réduire. Pour donner un ordre d’idée, un grand panneau publicitaire à néons (panneaux déroulants) équivaut à la consommation énergétique annuelle d’une famille entière. Sans parler de l’impact, que je vous laisse imaginer, de l’affichage papier remplacé aujourd’hui par des écrans numériques de toutes tailles…

Nous pourrions aussi détailler l’ensemble des impacts négatifs en termes de sécurité routière, de développement économique et de nuisances sanitaires par l’incitation à la consommation de produits mauvais pour la santé (fast-food, alcool, voiture).

Mais elle a surtout un impact majeur sur la structure même de notre cerveau : en effet celui-ci, parce qu’il consomme beaucoup d’énergie pour fonctionner, va privilégier des souvenirs qu’il a mémorisé plutôt que construire une pensée nouvelle. C’est sur ce processus que Patrick Le Lay peut vendre du temps de cerveau disponible, qui favorisera donc la mémorisation des pubs, à nos grandes marques. Ainsi, la perte du libre-arbitre du plus grand nombre fait le bonheur libéral de quelques uns.

Alors, au regard de tous ces impacts négatifs connus et reconnus pour certains par l’instauration d’une loi en 2008, je m’interroge sur le sens profond de votre proposition.

Tout d’abord, je m’interroge sur les tarifs-plafonds présentés dans la délibération puisque ce sont ceux pour les communes / EPCI entre 50 000 et 200 000 habitants. Est-ce à dire que la base de calcul est ici métropolitaine et non communale ? Et si c’est le cas, n’est-ce pas les tarifs plafonds pour les EPCI de + de 200 000 habitants qui devraient être indiqués ?

Dans tous les cas, et que nous soyons soumis à des plafonds inférieurs équivalents ou supérieurs à ceux donnés en exemple, ceux que vous proposez restent bien trop en deçà et ce, depuis 7 ans.

Or, à en croire les recettes générées par la publicité extérieure, il existe des centaines de m2 de dispositifs publicitaires extérieurs dans notre commune.

Aussi, nous regrettons que le levier fiscal proposé par la Loi de 2008 ne soit toujours pas activé.

Plus encore nous déplorons, qu’au lieu de limiter la pollution visuelle, vous proposiez ici de la continuer à la cautionner.

Cette mesure devant être délibérée par notre assemblée avant le 1er juillet, nous ne pouvons vous demander de la retravailler pour nous la re-soumettre lors d’un prochain. C’est pourquoi nous nous abstiendrons cette délibération.

Je vous remercie

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