Monsieur Le Sénateur – Maire, Monsieur Turquois, Mesdames, Messieurs, Mes cher(e)s collègues,

Nous voici arrivés à l’épilogue de la saga « Centres socioculturels 2017 ». Après de multiples rebondissements générant craintes et tensions, vous nous demandez aujourd’hui d’octroyer aux deux centres un complément de subvention qui va répondre pour une large part à leur demande. On aurait envie de dire « tout ça pour ça » mais laissons là la polémique et réjouissons nous de cette décision. Il est donc évident que nous l’approuvons.

Cependant, quel bilan pouvons-nous tirer de ces mois de tergiversations ?

Vous nous dites que cette délibération est la suite logique du travail mené avec les centres, qu’il a permis entre autre de clarifier leur mode de fonctionnement. Vous avez même reconnu en commission « mieux comprendre la notion de pilotage liée aux actions ». Permettez-moi de vous rappeler que nous n’avons cessé pendant des mois de vous alerter sur ce point et sur les risques de fragilisation des centres que vos choix allaient entrainer. Ce fut le cas :

Ils ont dû, face à l’incertitude, se séparer de salariés parfois impliqués de longue date dans les équipes. Dans le texte de la délibération, vous présentez cet aspect comme des efforts de restructuration alors que ce fut le plus souvent contraint. Et même si certains salariés sont partis de leur propre gré, profitant de diverses opportunités, c’est aussi parce que l’avenir de la structure était incertain. Les centres, depuis janvier, se sont en effet réorganisés ; privilégiant certaines actions aux dépens d’autres et parfois même de projets qu’ils n’ont pas menés. Lors des assemblées générales, qui se sont tenues ces dernières semaines, les élus qui étaient présents ont pu entendre les efforts faits par les salariés – qui pour maintenir des activités n’ont pas compté leur temps – mais aussi leur souffrance (la souffrance au travail est trop rarement acceptée et reconnue) et la crainte des bénévoles et adhérents.

Sur un autre registre, vous nous avez dit mieux appréhender l’idée des doublons et comprendre par exemple qu’un camp de jeunes porté par les CSC n’est pas de même nature que celui proposé par les services d’une collectivité. J’ai bien aimé l’expression de complémentarité que vous avez employée en commission plutôt que doublon et j’espère que l’engagement que vous avez pris ; précisant que tous les acteurs du champ social de notre ville, c’est-à-dire centres mais aussi services et autres structures type « carrefour des familles », seront vigilants sur ce point, sera tenu.

Aujourd’hui, cette proposition est donc bien une reconnaissance du travail des centres et de leur spécificité. Ce sont des associations certes, mais qui doivent s’inscrire dans des cadres fixés par l’autre partenaire majeur : la CAF. Elles doivent montrer dans leur projet social qu’elle répondent bien à ce genre de « cahiers des charges » et au développement de la politique sociale de notre territoire.

Vous ouvrez demain le chantier de la convention pluriannuelle qui est une chose attendue de tous car elle permettra aux uns et aux autres de pouvoir se projeter dans l’avenir. Le cabinet Catalys, auquel vous aviez fait appel en 2015, avait d’ailleurs souligné ce besoin de perspective sur un temps long. Quelques remarques évoquées en commission que j’aimerais reprendre ici.

Vous proposez un financement réparti en deux chapitres, l’un pour un budget de fonctionnement/pilotage et le second sur le plan d’actions. Vous nous avez précisé en commission que derrière ce dernier intitulé vous souhaitiez plutôt financer à l’action engagée. N’y a-il pas là risque de contradiction avec l’axe 2 décliné dans ce texte (texte de la délibération) où vous « encouragez les initiatives des habitants et la dynamique participative ». En effet, comment répondre à l’émergence de nouveaux besoins, de nouvelles intitiatives ? Si sur l’année le centre repère un écart entre le projet de départ et la réalité des besoins, comment leur permettez vous de s’adapter ? En choisissant de cibler un financement à l’action, quelle place laissez vous alors à la dynamique « participative » ? Si c’est la ville qui choisit, ce ne sont plus les habitants !

Enfin et je vous ai déjà fait part de mes interrogations et de mes inquiétudes sur ce sujet : quel est votre objectif derrière votre demande de « mise en place d’un interlocuteur unique avec personnalité juridique » ?

  • Restez-vous à terme sur l’idée de ne financer qu’un seul centre ?

  • Souhaitez-vous réactiver une structure type « trioplus », dénoncée en 2008 comme coûteuse et peu efficace ?

  • Pensez-vous, comme cela s’est fait ailleurs, à une municipalisation ?

Rappelons que la CAF a renouvelé les deux agréments et que son financement est lié au respect de certaines règles comme un poste de direction, un demi-poste de secrétariat minimum par centre. M. Frion nous a dit en commision que c’était aux centres de faire des propositions, mais c’est étrange de demander à des structures de répondre à une commande, sans que le commanditaire ne dise clairement ses objectifs !!!

Le travail est en cours, il me semble donc important que ces différents points soient éclaircis. Par ailleurs, puisqu’il est question de rédiger une convention pluriannuelle, j’ose réitérer notre demande (jusqu’ici refusée) d’être associés à un comité de suivi ou de pilotage – comme ce fut le cas dans la précédente convention 2012-2015. Nous avons montré depuis quelques mois notre attachement à ce dossier et notre sérieux. Nous avons cherché à être le plus constructif possible et je crois que nous avons tous à y gagner.

Merci pour votre écoute.

 

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