arton4478Au printemps, la majorité municipale a fait installer des caméras dites de « vidéoprotection » sur 10 sites de la Ville pour un coût de 300 000 euros. D’autres sites vont être équipés prochainement pour 224 000 euros. Le détail de ces annonces, nous l’avons découvert dans la presse après n’avoir disposé que d’éléments très partiels, voire lacunaires, en commission municipale.

L’installation de caméras aurait pourtant mérité un vrai débat entre élus et avec les habitants. Nous aurions souhaité échanger ensemble sur les conditions de sa mise en œuvre et sur son coût mais aussi réfléchir aux moyens à mettre en œuvre afin d’en mesurer l’efficacité. Car c‘est bien cela l’enjeu : faire reculer concrètement les incivilités, les dégradations et les violences qui touchent notre ville, tout au long de l’année. Il ne suffit pas d’installer des caméras, et d’en parler dans la presse, pour que le problème soit réglé…

Lors des municipales, nous proposions d’utiliser « la vidéoprotection lorsqu’elle s’avérera nécessaire et efficace, en priorité pour la protection des bâtiments publics. ». Nous ne sommes donc pas opposés sur le principe. Mais le dispositif doit être strictement encadré et répondre à 3 enjeux :

- Garantir que la vidéoprotection permette le respect de la vie privée et des libertés publiques. C’est essentiel ! Malheureusement, le manque de débat et d’information ne nous permet pas aujourd’hui d’estimer si toutes les garanties sont apportées pour éviter les dérives. Au delà des mots, qu’en est-il réellement ?

- Mesurer l’efficience, c’est-à-dire le rapport entre le coût du dispositif de vidéoprotection et la baisse des dégradations. A ce titre, nous demandons qu’un bilan annuel soit réalisé, présenté au Conseil municipal et diffusé aux habitants, via le site internet et le magazine municipal notamment.

- La vidéoprotection ne peut être qu’un « outil », complémentaire d’autres mesures parmi lesquelles la coordination entre les différents acteurs impliqués dans les problèmes de tranquillité publique et de sécurité (ville, police, préfecture…) ou encore le développement de la médiation et de la prévention.

Le coût de l’installation des caméras est élevé : 554 000 euros ! Son financement est-il la raison qui a amené le Sénateur-Maire et son 1er Maire-adjoint à augmenter de 12% la taxe d’habitation ? D’autres politiques menées par la Ville seront-elles diminuées ou supprimées parallèlement ?

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le conseil municipal du 20 juin n’a pas encore eu lieu. Nous espérons qu’il pourra apporter de premiers éléments de réponses.

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